Parler de son cancer avec son enfant

Pourquoi faut-il parler de la maladie ?

À tout âge, l’enfant capte les inquiétudes de ses parents et ressent le moindre changement dans la vie familiale. Ne rien dire n’est pas le protéger. Cela peut au contraire l’amener à mal interpréter la réalité ou lui laisser penser que la maladie est de sa faute. Il a aussi besoin de mettre des mots sur la situation pour la comprendre. Il est souhaitable qu’il apprenne la maladie par le parent malade ou, en accord avec celui-ci, par l’autre parent ou un autre proche. L’apprendre par hasard pourrait être trop brutal et rompre sa confiance envers vous.

Quand en parler ?

Le mieux est dès que l’on s’en sent capable, après s’être laissé à soi-même, ainsi qu’à l’autre parent, le temps de « digérer » l’annonce du diagnostic. En discuter le plus tôt possible permettra à l’enfant de comprendre et d’anticiper les changements à venir : absences, effets des traitements, etc.

Comment en parler ?

• Avoir un langage adapté à l’âge de l’enfant et à son niveau de compréhension.
• Nommer la maladie : dire que c’est un cancer et utiliser au besoin des métaphores et des images pour l’expliquer.
• Rassurer l’enfant en lui disant qu’il n’est pas responsable de ce qui arrive.
• Expliquer que ce n’est pas une maladie contagieuse, que les autres membres de la famille sont en bonne santé et
lui aussi.
• Dire que l’équipe médicale va tout mettre en oeuvre pour vous soigner.
• Écouter ses questionnements pour respecter son cheminement et délivrer une information progressive.
• Rester réaliste, sans minimiser la gravité de la situation ni la dramatiser.
• Préciser que vous êtes là pour en parler avec lui et répondre à ses questions ou qu’un autre adulte de son entourage ou de l’équipe soignante pourra aussi le faire.

Sylviane Pfistner : «Le cancer des enfants est particulier. Comme il faut agir vite, les traitements débutent dès que la maladie est repérée, au point que certains enfants ne rentrent même pas à la maison.» — © Wazem

Réorganiser la vie quotidienne

Il s’agit de maintenir au mieux une continuité de la vie familiale, des règles et des activités habituelles.
En particulier, les contacts entre l’enfant et son parent malade hospitalisé doivent être favorisés : visites, courrier,
téléphone, appels visio, etc. Les rôles vont évoluer dans la famille, mais il faut éviter de donner trop de responsabilités
« parentales » à l’enfant. Il est conseillé d’identifier des proches pour passer ponctuellement le relais pour les
activités, pour des gardes. Du côté de la scolarité, il est important que l’école reste un repère stable et rassurant,
à l’écart du bouleversement familial. On peut choisir d’informer de la situation un référent de l’établissement scolaire. Enfin, consacrer du temps à l’enfant pour dialoguer avec lui sur ce qu’il vit permet de ne pas le laisser seul face à ses interrogations et à ses peurs.

Se faire aider d’un/une psychologue

En cas de difficulté à entamer le dialogue avec votre enfant au sujet de la maladie ou si vous constatez qu’il souffre, n’hésitez pas à vous faire aider d’un/une professionnel/le, que l’équipe soignante vous indiquera.
Il/elle vous accompagnera sans se substituer à vous dans l’échange avec votre enfant. Différentes modalités de soutien psychologique sont possibles, adaptées à chaque situation : en présence du médecin, en entretien individuel d’abord avec vous, puis avec votre enfant, en groupe thérapeutique (groupe famille, groupe d’enfants), etc.

Retour haut de page
Aller au contenu principal