Quand le handicap n’est plus un frein à vos envies

Beaucoup de personnes à mobilité réduite appréhendent de partir en vacances, craignant de ne trouver aucune activité adaptée. Pourtant, ces dernières années, l’offre s’est beaucoup développée. A défaut de longues heures de randonnées pédestres, elles peuvent tout de même « prendre leur pied ».

Mathilde en témoigne. Atteinte d’une SEP, elle ne peut plus passer les mêmes vacances qu’avant. Pourtant, elle s’est rendue récemment dans le Vercors avec une amie et ses enfants. Au-delà du logement adapté, elle garde une expérience émue d’une promenade, tranquillement assise sur un fauteuil confortable, tirée par des chiens de traîneaux. Elle a également expérimenté la « joëlette », une sorte de « chaise à porteur moderne », accompagnée par deux solides montagnards, qui lui ont fait découvrir les charmes des sentiers régionaux.« Cela faisait longtemps que je n’avais pas pu monter en altitude, car mes jambes ne me portent plus. C’est très grisant d’y avoir le droit de nouveau. Même les calèches sont équipées pour accueillir les personnes en fauteuil »,témoigne-t-elle. Commerces, restaurants et musées accessibles, elle s’est véritablement régalée. Une « renaissance » selon elle, car pendant longtemps, elle avait renoncé à partir, vivant comme une punition le fait de n’avoir accès à rien. « Quand on ne peut plus skier, un séjour à la montagne peut sembler un peu frustrant. Heureusement, il y a d’autres activités», précise-t-elle. Même si on doit continuer à prendre ses traitements, c’est une belle évasion !

Des vacances « encadrées » et inoubliables

En effet, de plus en plus, les lieux de villégiature, qu’ils soient en France ou ailleurs, se sont ouverts aux personnes à mobilité réduite (PMR). Par solidarité bien sûr, mais aussi par intérêt. Car cette population est nombreuse, et avide d’une vie aussi normale que possible. Piscines adaptées, bains thérapeutiques et même parachutisme, le handicap n’est plus un frein aux envies. En situation de handicap, Loïc pensait avoir laissé aux vestiaires depuis dix ans les activités à sensations fortes. Adepte des « frissons », il a expérimenté l’hiver dernier une descente en luge dans le Jura. Un moment inoubliable. Pour sa part, il a choisi de passer par des structures spécialisées car il se dit ainsi plus « rassuré » par l’encadrement, la mise à disposition de matériel médical…« C’est aussi plus de sérénité pour ma femme et mes enfants, qui craignent d’avoir du mal à faire face et ne sont pas en mesure de me porter »,confesse-t-il. Loïc a toujours aimé les concerts et le théâtre. Non seulement il ne peut plus y aller comme avant, car les lieux sont peu adaptés, mais surtout, il n’est pas envisageable d’échanger avec les artistes après. « Les séjours sur mesure proposent des performances artistiques aisément accessibles, mais aussi, tout est organisé pour qu’on puisse ensuite parler avec les acteurs ou musiciens. C’est vraiment appréciable », commente-t-il.

L’aspiration à une vie normale

Car ce à quoi aspirent avant toute chose les personnes à mobilité réduite, c’est à une vie normale. C’est la raison pour laquelle Katy, atteinte du syndrôme d’Ehler Danlos, préfère quant à elle ne pas se retrouver parmi d’autres personnes en situation de handicap : « j’apprécie la diversité des publics, et le fait de me retrouver avec des personnes à mobilité réduite ne me permet pas de m’évader de mes propres difficultés ». Au moment de planifier ses vacances, elle regarde les sites des offices de tourisme et choisit les lieux de villégiature qui proposent des activités pour personnes en situation de handicap. Elle a ainsi découvert des brochures très bien faites qui recensent les restaurants sans marches, les plages accessibles en fauteuil…« J’essaie de changer chaque année, même si quand on a trouvé des lieux adaptés et bienveillants, on est tenté d’y retourner», conclut-elle.

Retour haut de page
Aller au contenu principal